

Turin est traverséee selon un axe nord-sud par le fleuve Pô , et selon un axe est-ouest par le 45e parallèle. La ville est bordée à l'est par la colline turinoise qui surplombe la ville, et à l'ouest par les Alpes.
L'agglomération de Turin compte près de 1 700 000 habitants, tandis que son aire urbaine compte 2 200 000 habitants
La ville de Turin a mauvaise réputation.Capitale industrielle de l’Italie pendant près d’un siècle, son image reste celle d’une ville austère et grise où, dit-on, les fumées d’usines tiendraient lieu de ciel. Le visiteur ne s’y attarde guère, les touristes se font rares. Longtemps, cette « ville-usine » haut perchée dans le nord-ouest de la Botte italiennne, accueillit les travailleurs immigrant du Mezzogiorno ou d’autres pays d’Europe du Sud, également en mal d’emploi. Havre industriel, où Fiat employa jusqu’à 100 000 ouvriers, Turin fut également le théâtre de luttes sociales radicales qui marquèrent, dans les années 1960-70, une classe ouvrière « qui n’irait pas au paradis… »
. Aujourd’hui, tout comme Fiat, la ville traverse une période difficile. De 1,2 million d’habitants en 1970, sa population est passée à environ 900 000 au tournant du troisième millénaire. L’ampleur de la crise économique et démographique accusée par la cité piémontaise nourrit les inquiétudes et interrogations liées à son avenir.
|
Alors, Turin, ville moribonde ? Si l'ex-capitale des royaumes de Savoie et d'Italie est en perte de vitesse, le déficit d'image dont elle pâtit est cependant loin de se justifier. Méconnue, oubliée, elle regorge de beautés incomparables.
Sa situation géographique, tout d'abord, demeure privilégiée : au pied des Alpes, traversée par deux grands fleuves, le Pô et la Dora, Turin est environnée de collines conduisant à la somptueuse région des lacs et, en à peine une heure, à la Méditerranée. Cette ville-frontière, ouverte sur l'Europe et en premier lieu la France, fut ensuite un laboratoire d'histoire où s'est construite l'Italie, sur les pas de ses grands noms : la famille de Savoie, le Comte Verde, Albert Ier (fondateur d'Albertville), Cavour, Victor Emmanuel II (premier roi d'Italie), la famille Agnelli… Ici, chaque lieu respire la mémoire. Partout, dans ses rues parallèles, dans ses longues perspectives ponctuées de places à la symétrie ordonnée, peut surgir un souvenir évoquant la participation de la ville à la marche du monde. Étonnamment, cette ville que beaucoup considèrent encore comme l'une des plus laides d'Italie, fut aimée et respectée par nombre d'artistes, d'écrivains voyageurs, de philosophes (Rousseau, Stendhal, ou Nietzsche « Voici une ville selon mon cœur…Je n'aurais jamais cru qu'une ville, grâce à sa lumière, puisse devenir aussi belle »). Car sa beauté baroque est discrète, à l'image de ses habitants : gens sobres et simples, les Turinois préfèrent en effet la tranquillité des vieux cafés savoyards à l'exubérance des grandes places animées. La ville est enfin complexe, riche d'oppositions ; elle est ainsi, tout à la fois conviviale et modeste, rassurante ou « underground », sévère et radieuse. En hiver, l'ambiance brumeuse peut soudainement s'illuminer du reflet des neiges alpines.
|
|
Actuellement Turin se cherche, et est engagée dans une mutation que l’on sent lente, certes, mais durable. Après deux décennies de crises sociales et industrielles, en digne héritière de cette mystérieuse « intelligence de la main », typiquement italienne, Turin façonne son futur. En tirant parti de ses erreurs passées comme de ses lacunes, elle se construit aujourd’hui une nouvelle identité post-industrielle. Par centaines, des usines désaffectées ou de vastes espaces tombés en friches sont mis à la disposition de jeunes entrepreneurs, de créatifs ou d’artisans, qui déplacent sensiblement l’économie du travail industriel vers la création, réinvestissent les sphères du goût et du savoir. La nette revitalisation de secteurs tels que le design ou le cinéma en témoignent. Ou encore la présence dynamisante d’intellectuels de premier plan. Cette nouvelle ère galvanise la capitale du Nord-Ouest, son territoire, ses habitants. Accueillir les Jeux Olympiques d’hiver en 2006 sera un temps fort de cette démarche, une étape décisive pour cette cité où le football a nourri une culture populaire du sport. L’évènement, moteur d’une nouvelle vague urbanistique, va permettre à la ville d’affirmer une image rénovée, de se dessiner un nouveau visage… Turin y puise déjà l’élan nécessaire pour réussir son passage de l’ombre à la lumière.
|
texte : Beniamino Orteski



© NAT.CASINA
Durée : 00:00:50
© MORO EL GOBBI
© NAT.CASINA
Durée : 00:00:58